
Je m’appelle Karin de Tonnac, je suis la créatrice de la librairie café Recto Verso à Versonnex.
J’habite le quartier de la Pralet dans l’ancienne grande réaménagée du « château de Versonnex ». Cette demeure appartenait auparavant à la grand-mère de mon conjoint Grégoire de Tonnac. Je suis donc une Versonnexoise d’adoption et de cœur.
Comment est née l’idée de cette librairie ?
Cette envie de créer une librairie m’a toujours animée. J’en veux pour preuve une enveloppe que j’ai conservée. L’histoire est jolie : Grégoire et moi nous sommes rencontrés via un ami commun auquel j’étais venue rendre visite à Lausanne. L’un et l’autre faisaient leurs études à l’EPFL. Je suis belge et habitais alors Bruxelles. Longtemps, nous avons correspondu Grégoire et moi, par courrier postal dont nous décorions les enveloppes. J’ai retrouvé sur l’une d’entre elles le dessin fait par Grégoire, d’une librairie « chez Karin », un signe sans doute mais surtout le témoignage très tôt de cette envie.
Pourquoi ce retour à Versonnex ?
C’est mon village de cœur, c’est le village de cœur de mes enfants. C’est ici que nous avons notre maison de famille. C’est ici que nous nous sentons bien.
Je vivais à Paris et voulais m’installer à, Versonnex définitivement pour la retraite avec cette idée de m’impliquer d’une manière ou d’une autre dans la vie du village en créant, et pourquoi pas, une librairie. En 2019, je suis allée trouver notre maire Jacques Dubout et son adjoint Patrick Heidelberger pour exposer mon envie de créer un tel lieu, projet auquel la mairie a répondu favorablement. C’était la rencontre de deux envies. Jacques et Patrick m’ont conseillé d’aller voir la ferme Clapot et je suis tombée amoureuse de l’endroit et de sa a vue incroyable sur le Mont Blanc
Quelle est l’histoire de la ferme ?
L’endroit a appartenu à la famille Clapot, dont les derniers représentants sont Monique et Norbert Pellaton. Cette ferme était un lieu de rencontre, avec la cour comme aire de jeux pour les enfants du village… La cuisine a toujours été un lieu d’accueil pour tous aussi bien la famille que les ouvriers agricoles, les commis, ou les saisonniers. Cet esprit a été conservé et la Grange à pont se veut un lieu vivant, incarné. Ainsi l’aménagement de la librairie est composé de meubles ou d’objets ayant une histoire : le vaisselier appartient, à ma maman, l’établi est celui d’Albert Simon, ancien maire de Versonnex. Les objets de décoration, vaisselle, chaises ont été chinés à la ressourcerie. Par ailleurs, en souvenir des premiers propriétaires : aïeux de Monique et Norbert Pellaton, la résidence senior du Pré Bernard portera le nom de Anthelme et la salle communale au sein de cette résidence s’appelle le foyer de Lucie.
Très vite la rénovation s’est étendue de la ferme à la grange. C’est Patrick Mignot qui a assuré la réhabilitation du lieu avec une double casquette : celle d’architecte du projet et celle de barista de la librairie. Aujourd’hui la Grange à pont regroupe 5 activités : la chocolaterie de Mélanie, un espace de co working géré par Pangloss Lab, Bike Shepherd, magasin de vente et de réparation de vélo, la librairie café Recto Verso et le local associatif de la mairie.
La librairie café a ouvert début 2025. L’ensemble de la Grange à pont a été inauguré le 6 septembre dernier avec l’ouverture des 4 autres espaces.
Pourquoi ce nom, Recto Verso ?
Verso pour le clin d’œil à Versonnex. Et parce que c’est un lieu entre deux montagnes : le Mont Blanc et le Jura, entre un café et une librairie, parce qu’il y a un homme et une femme, et parce que c’est le livre.
Qu’est-ce que vous aimez ici à Versonnex ?
J’aime particulièrement le dynamisme de l’équipe municipale actuelle, porté par notre maire Jacques DUBOUT. Sans leur vision, leur engagement, rien de tout cela aurait été possible. Beaucoup de mes clients me disent que Versonnex est désormais l’endroit où l’on a envie de vivre. Et c’est vrai que située au cœur du village de Versonnex, La Grange à pont est bien plus qu’un simple lieu. C’est un espace de vie, de partage et de création, pensé pour rassembler les habitants autour d’activités enrichissantes et accessibles à tous. C’était peut-être un pari mais un pari réussi !
Comment envisagez-vous l’avenir de la librairie ?
Cette librairie c’est un peu le projet de tous ceux qui y viennent je trouve. C’est émouvant de voir leur investissement, leur appropriation du lieu que ce soit en apportant des fleurs, en m’aidant à préparer des gâteaux pour la librairie, en se proposant pour l’animation des rencontres ou des ateliers, et même en enlevant leurs chaussures en hiver afin de ne pas salir la librairie.
La librairie se veut aussi lieu d’animations. Nous avons vécu des moments forts, lors de rencontres avec des autrices et auteurs qui transmettent une belle énergie. Ces événements permettent également de faire découvrir le lieu. Nous proposons aussi des expositions, des clubs de lecture, des ateliers autour du livre. A l’avenir, j’aimerais organiser des soirées musicales, des soirées jeu également. Et pourquoi pas, au sein de notre collectif la Grange à pont, des pièces de théâtre en plein air, voire des projections de films. Le terrain de jeu est immense et nous ne manquons pas d’idées.
Le concept de librairie café est nouveau dans la région et en fait un lieu particulier, un lieu où l’on peut s’arrêter pour un café, bavarder, lire la presse mise à disposition.
Par ailleurs, j’ai à cœur de mettre en avant et de faire découvrir les autrices et auteurs et maisons d’édition de proximité, tant suisses que français
Quelles améliorations voudriez-vous voir dans le village ?
Développer un vrai centre de village avec la rénovation des anciennes bâtisses. Davantage d’arbres sur les deux axes principaux du village et le respect des 30 km/h avec l’installation d’écluses et de radars comme c’est le cas chez nos voisins suisses pour qui le respect des limitations de vitesse est une évidence.
