
Je m’appelle Monique Pellaton. Née en 1948 (77 ans), je fais donc partie de la génération des baby-boomers. Je me suis mariée en 2023 à Versonnex. J’étais la propriétaire de l’actuel tiers-lieu la Grange à Pont.
Quand j’étais enfant, le village comptait moins de 200 habitants, principalement des personnes liées à la terre : des paysans. Il n’y avait ni industrie, ni circulation, et tout le monde se connaissait. Chacun avait son lopin de terre : un grand jardin.
La vie était simple, nous avions notre garde champêtre qui curait les fossés à la pioche, avait mission de peser les chars de foin sur le « Poids Public » etc. Notre école était à l’emplacement de l’actuelle mairie, devant celle-ci était notre cour de récréation. Les gosses du village venaient souvent jouer dans la cour de ce qui est aujourd’hui la Grange à Pont.
L’hiver, nous faisions de la luge dans la descente de la Grange à Pont et arrivions directement sur la route … pas de voitures. Pour aller au lycée à Gex, il fallait monter à pied jusqu’au Chemin Levé pour prendre notre car, y compris en plein hiver, avec parfois de la neige dans les bottes. Nous rentrions en fin d’après-midi, l’hiver la nuit tombait, avec notre cartable sur le dos. Les enfants circulaient librement, sans crainte.
Ce que j’apprécie toujours profondément à Versonnex, c’est la proximité avec la nature, les forêts, les espaces verts, et le fait que Versonnex soit encore relativement préservé de la sur-urbanisation que l’on observe sur d’autres axes du Pays de Gex. Ce qui nous donne, à mon avis, une autre qualité de vie.
La vie pourtant, elle a bien changé ! La circulation est devenue difficile, notamment aux heures de pointe, avec un trafic frontalier important alors que le réseau routier reste le même. Les excès de vitesse sont fréquents et les zones à 30 km ou 50 km dans le village, sont peu respectées.
Je trouve que notre village lui aussi est touché par davantage d’incivilités, que j’ai subi comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs, et en particulier les personnes âgées. Pourquoi ne pas s’inspirer de cette entraide « Voisins Vigilants et solidaires » pour aider la commune à lutter contre les atteintes à l’environnement, les incivilités voire les vols ?
Mon souhait le plus cher : que la nature soit préservée à Versonnex, et voir – pourquoi pas – plus de vaches dans nos prés, elles deviennent si rares, comme les agriculteurs !
Je pense aussi qu’il faut continuer à entretenir les chemins de promenade, comme celui du battoir. De même, accompagner les aînés, en particulier ceux qui ne conduisent plus, pour qu’ils puissent rester mobiles et autonomes et éviter l’isolement. Continuer encore à faciliter l’accès aux soins pour les habitants de Versonnex notamment.
Et bien sûr miser sur les familles, les enfants et les jeunes, qui sont notre avenir ! Leur offrir des lieux pour se retrouver, un local, des activités encadrées, afin qu’ils n’aient pas besoin de quitter leur village pour partager des moments ensemble.
Un village vivant, c’est un village qui prend soin de ses habitants à tout âge.
