
Absolument tous les parents et enfants de Versonnex le connaissent : Éric DIGAUD, mélomane hors pair au grand coeur. Témoignage touchant d’un amoureux de Versonnex …
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« Le chant et la musique, c’est la vie. »
Je m’appelle Eric Digaud et je suis le co-fondateur de l’ensemble Jean-Philippe Rameau ainsi que du chœur d’enfants de Versonnex. Depuis notre arrivée dans la région, je suis en lien avec tous les amateurs de musique, dont les écoles maternelle et primaire avec qui je collabore pour préparer les spectacles de Noël et la kermesse de fin d’année ; il y a déjà quinze ans, les enfants avaient chanté le très célèbre Le Soldat Rose à cette occasion.
Originaire du Vietnam, né d’un père américain qui n’a découvert mon existence qu’en 2019, j’ai été adopté à l’âge de sept ans par une famille française. Cette période douloureuse, partagée par de nombreux enfants vietnamiens de cette génération, m’a inspiré un opéra, « Daddy, why did you leave me? », chanté à l’époque par les élèves de CM1-CM2 de l’école Yves de Tonnac. C’est ma mère adoptive, jurassienne, qui écoutait Tino Rossi et Maurice André, qui m’a transmis son amour de la musique. Malgré une surdité d’une oreille et l’avis défavorable d’un conseiller d’éducation, j’ai persévéré, intégré le conservatoire puis l’université, jusqu’à devenir trompettiste soliste. Une opération m’a ensuite rendu une ouïe en stéréo.
Mon épouse, d’origine polonaise et également musicienne, a longtemps été professeur de pédagogie et de direction de chœur et d’orchestre à l’université de Cracovie puis de Strasbourg avant d’enseigner en Suisse. Nous sommes arrivés dans la région au début des années 1996 : d’abord installés à Gex puis en 2012 à Versonnex. Nous avons fondé l’ensemble Jean-Philippe Rameau, puis le chœur d’enfants avec l’accord de la mairie. En 2012, nous nous sommes établis à Versonnex, séduits par la construction d’un lotissement économe en énergie. La création de notre école de musique nous a permis de nous investir pleinement dans la vie du village, avec le souhait d’offrir aux amateurs, qu’ils soient français ou suisses, la possibilité de travailler avec d’excellents solistes, de découvrir des lieux mythiques comme le Carnegie Hall ou le Victoria Hall, et même de voyager : Saint-Pétersbourg, Budapest, la Sicile, la Chine…
Ma plus grande joie : voir les enfants chanter et être heureux, tout simplement. Pour beaucoup, nos concerts sont l’occasion d’entrer pour la première fois dans une salle de concert ou de découvrir certains instruments. C’est très émouvant. Il arrive même que d’anciens choristes reviennent me parler de leurs années de chant, ce qui me touche particulièrement. Nous avons aussi la chance d’être soutenus par la mairie, qui nous met à disposition des locaux et du matériel, notamment la salle Pierre-Jaques à l’acoustique exceptionnelle.
Ce qui nous plaît à Versonnex ? Nous aimons énormément les sentiers et les balades en forêt autour du village, qui ont été un véritable refuge pendant l’épidémie de Covid. La Grange à Pont, avec ses boutiques et ses lieux de rencontre, est aussi une belle création, qui amène de la vie au cœur du village.
A l’avenir, j’espère surtout que le village restera à taille humaine et qu’il conservera cette ambiance qui fait son charme.
J’aimerais que la piste cyclable soit prolongée, que le village progresse encore vers l’autonomie énergétique, par exemple en encourageant l’installation de panneaux photovoltaïques, et que l’on voie revenir une épicerie, car le soutien à l’économie locale me semble essentiel. Je fréquente d’ailleurs régulièrement les restaurants du village.
A titre personnel, et si j’en avais les moyens, j’aimerais créer un centre polyphonique où les musiciens amateurs pourraient suivre des modules encadrés par des professeurs certifiés, en lien avec d’autres disciplines comme la danse classique, et dont pourraient aussi bénéficier les élèves des écoles. Je rêverais également d’une classe-orchestre, avec des horaires aménagés, permettant aux enfants d’aborder progressivement différents instruments – le tuba, pour commencer.
Enfin, une fois à la retraite, je me verrais bien m’impliquer davantage pour contribuer à préserver la qualité de vie qui fait aujourd’hui de Versonnex un endroit où il fait vraiment bon vivre !
